Actualité

COVIQuest

Date(s)

le 14 mai 2020

Votre mission si vous l'acceptez, sera de participer à l'étude COVIQuest !

À la suite de l’annonce du confinement de la population française due à l’épidémie COVID-19 le 17 mars 2020, une diminution notable du nombre de consultations des médecins généralistes a été noté en France et rapporté par la presse. Les patients ne contactent plus leur médecin généraliste, y compris les patients avec un suivi régulier pour une ou plusieurs maladies chroniques. Cette diminution des consultations en médecine générale est inquiétante puisqu’elle pourrait entraîner l’absence de détection de décompensations/complications de ces maladies chroniques par un manque de recours aux soins. Ainsi, un message urgent de la DGS a été publié par le Pr Jérôme Salmon le 8 mars 2020 à l’attention des professionnels de santé sur l’organisation des soins hors COVID-19. La principale recommandation faite aux médecins généralistes est «que le médecin traitant ou le médecin spécialiste correspondant habituel prenne contact avec les patients atteints de pathologie chronique les plus fragiles pour s’assurer du suivi et détecter un risque de décompensation de la pathologie ». Du fait de la quantité importante de patients fragiles atteints de pathologie chronique déclarés en affection de longue durée (ALD) suivis par médecin traitant (à savoir plus de 200 patients en moyenne uniquement pour les maladies cardiovasculaires sur des patientèles comptant en moyenne plus de 800 patients ), il sera difficile de suivre cette recommandation pourtant « indispensable au regard des besoins de santé de la population » sans une aide extérieure compétente et rapidement mobilisable.

Le projet COVIQUEST est un essai randomisé en médecine générale dont l’intervention consistera à mobiliser des étudiants en médecine qui appelleront les patients atteints d’une maladie chronique comptant parmi la patientèle des médecins généralistes participant à l’étude. Nous nous focaliserons sur les patients cardiovasculaires et ceux atteints de maladie mentale en affection longue durée (ALD), du fait de leurs fortes prévalences en médecine générale, de leur suivi souvent exclusif par le médecin généraliste et de leur risque de complications sévères à court terme. Chaque médecin généraliste participant se verra aidé par un étudiant en médecine ; chaque binôme (médecin généraliste – étudiant) sera affecté aléatoirement à un groupe (A ou B). Dans le groupe A, les étudiants commenceront par contacter les patients cardio-vasculaires ; dans le groupe B ils commenceront par contacter les patients souffrant de maladies psychiatriques. A chaque fois, les étudiants s’enquerront de la santé des patients et demanderont s’ils souhaitent que leur médecin généraliste les rappelle. Un mois après, les étudiants du groupe A contacteront les patients souffrant de maladie mentale, et ceux du groupe B contacteront les patients cardio-vasculaires. De la même façon ils s’enquerront de la santé des patients, et leur demanderont également s’ils ont été hospitalisés au cours du mois précédent. On rappellera également les patients cardio-vasculaires du groupe A et les patients souffrant de maladie mentale du groupe B pour leur demander également s’ils ont été hospitalisés. Cette approche a plusieurs avantages : 1) tous les patients bénéficieront d’un appel téléphonique, conformément aux recommandations de la DGS, 2) l’implication des étudiants, compétents en entretien et mobilisables rapidement, aidera les médecins généralistes, en première ligne sur de nombreux fronts, sans aucun risque sanitaire lié à la contagiosité du COVID-19 pour les étudiants 3) en randomisant l’ordre d’appel, cela permettra d’évaluer avec un haut niveau de preuve l’impact d’une telle organisation sur les hospitalisations, pour deux familles de pathologies à forte prévalence. Nous impliquerons trois régions françaises (Centre-Val de Loire, Rhône Alpes, Grand Est). Dans chaque région, 40 médecins généralistes participeront. En considérant que les patientèles des médecins généralistes comptent en moyenne au 200 patients atteints de maladie chronique, dont une grande majorité cardiovasculaire, on peut escompter que 12,000 patients bénéficieront de l’intervention de cette étude, en adéquation avec les recommandations du Directeur Générale de la Santé.

Ce projet a reçu l’aval du Pr Patrice Diot, président de la Conférence des Doyens de Médecine et le soutien du Collège National des Généralistes Enseignants. Une lettre d’intention a été déposée à l’appel à projet de recherche pour le PHRC National le 6 avril 2020. Il sera présenté au CPP et à la CNIL courant de semaine 16 pour pouvoir être mis en place dans les meilleurs délais.

Attention, ce message s'auto-détruira dans 5... 4... 3... 2... 1... C'EST PARTI !!!